Article rédigé par Susana Nunes – WE DO GOOD

 

Vous venez de lancer votre start-up mais vous ne savez pas trop comment vous y prendre en ce qui concerne le financement ? On entend souvent parler de levée de fonds, mais on oublie que ce n’est pas du tout la première étape d’un plan de financement. Voici les étapes-clés à prévoir pour un démarrage sur de bonnes bases financières.

 

Identifier les financements spécifiques à votre projet

Dans un premier temps, pensez à cartographier les financements auxquels vous pouvez prétendre et à identifier les conditions d’éligibilité. Vous pouvez vous rapprocher d’acteurs locaux comme la CCI afin d’identifier les potentiels financements spécifiques à votre territoire. 

Il peut également y avoir des financements spécifiques sur certains sujets (entrepreneuriat féminin, entrepreneuriat à impact, entrepreneuriat dans les quartiers prioritaires…). Vous pouvez également utiliser un moteur de recherche comme Finalgo  ou Finrêka ! afin d’identifier en amont les financements adaptés.

 

Augmenter vos fonds propres

La confiance est la base de tout financement : un financeur ne vous suivra que s’il a confiance en votre projet. Plus tard, cette confiance sera basée sur vos KPI, vos indicateurs de performance, mais au début vous n’en avez pas. Les financeurs d’amorçage vont plutôt vous demander quel est le montant de vos fonds propres (le capital disponible pour le développement de l’entreprise) et vous proposer de les doubler.

Pour augmenter vos fonds propres, vous avez plusieurs possibilités :

  • mettre personnellement de l’argent dans l’entreprise : il faut un minimum de votre poche, cela est une preuve de votre engagement
  • mobiliser votre love money, de préférence en royalties ou BSA afin de ne pas diluer votre capital trop tôt
  • obtenir un prêt d’honneur : prêt accordé à vous personnellement en mis ensuite en compte-courant d’associé ou au capital (mais le montant accordé est adossé à votre niveau de fonds propres)

 

Faire du chiffre d’affaires

Avant de solliciter d’autres financeurs, testez votre produit et commencez à faire du chiffre d’affaires. Même si vous ne signez qu’un seul client, cela sera un facteur générateur de confiance supplémentaire face à de potentiels financeurs.

Si vous commercialisez des produits en B2C, c’est probablement le moment de préparer une campagne de crowdfunding en prévente. C’est LE moyen le plus efficace pour tester votre marché et votre communication, pour commencer à construire votre communauté, ainsi que pour faire effet de levier pour obtenir des financements supplémentaires. Certaines banques l’exigent désormais pour ce type de projets.

Bien entendu, cette étape n’est pas toujours possible pour les projets qui demandent de longues phases de R&D ou des investissements conséquents dès le démarrage.

 

Débloquer des financements non-dilutifs

Après avoir augmenté vos fonds propres et validé votre proposition de valeur en réalisant votre premier chiffre d’affaires, vous serez en mesure de faire effet de levier et de débloquer d’autres financements. C’est le cas des prêts bancaires, des prêts d’honneur et des subventions, comme celles accordées par Bpifrance en amorçage.

Si vous effectuez une campagne de financement participatif en contreparties ou royalties, vous pouvez anticiper cette étape et prendre contact en amont avec une (ou plusieurs) banque(s), ainsi que Bpifrance si vous avez un projet innovant, afin d’obtenir un pré-accord en cas de réussite de campagne. Un des avantages c’est que vous serez en mesure de communiquer sur ce pré-accord pendant votre campagne de crowdfunding, ce qui permettra d’avoir un effet de levier dans le sens inverse : vos potentiels contributeurs seront rassurés de savoir que d’autres financeurs sont prêts à suivre en cas de réussite.

C’est également le moment de faire appel aux financements locaux ou spécifiques à votre projet initialement identifiés, ainsi qu’aux prêts d’honneur (Réseau Entreprendre, Initiative, Wilco…).

 

Préparer la suite

Bien enchaîner les précédentes étapes vous permettra de disposer d’un financement vous permettant de lancer sereinement votre activité et de commencer à bien valider vos indicateurs-clé de performance (les fameux KPI). Cela sera indispensable pour lancer un nouveau tour de financement auprès de ces financeurs ou une levée de fonds en capital. 

Cela ne veut pas dire que la question du financement est mise en pause pendant quelques mois, au contraire, vous devez toujours la garder à l’esprit : tenez vos financeurs au courant de vos avancées et de vos actualités. Lorsque vous aurez besoin d’eux, ce sera beaucoup plus simple !

Lorsque votre entreprise commence à tourner, que vous avez bien mesuré combien cela vous coûte d’obtenir un lead, de le transformer en client, et combien de temps cela prend, vous pouvez envisager une levée de fonds plus conséquente pour accélérer. Des acteurs comme Estimeo pourront vous aider à évaluer vos KPI afin de valoriser votre entreprise à sa juste valeur.

Si vous êtes sur un projet innovant, vous devez par ailleurs comptabiliser le temps passé en innovation, ainsi que les dépenses directement liées, afin que vous puissiez les convertir l’année suivante en CII (Crédit d’Impôt Innovation) ou CIR (Crédit d’Impôt Recherche). N’hésitez pas à vous faire accompagner par un expert, souvent rémunéré à la commission sur le crédit d’impôt obtenu. Cela vous permettra de gagner du temps car la procédure de demande est assez fastidieuse.

 

Quel intérêt de faire appel à plusieurs financeurs ?

Vous pouvez vous dire pourquoi passer par toutes ces étapes plutôt que par un seul financeur et c’est une très bonne question ! C’est clair que cela demande pas mal de temps, du temps qui n’est pas consacré au développement de l’activité.

D’abord, c’est très difficile (voire impossible) de trouver un financeur prêt à prendre le risque de couvrir l’intégralité du besoin de financement. On se retrouve d’ailleurs parfois dans des situations compliquées où tout le monde s’attend : Bpifrance attend que le Réseau Entreprendre s’engage, le Réseau Entreprendre attend que la banque s’engage, la banque attend qu’un des précédents s’engage… pas évident !

Ensuite, plus vous avez des financeurs qui vous suivent, plus vous avez des ressources mobilisables : lors d’un moment compliqué, si vous en avez besoin, ce sera beaucoup plus facile de convaincre un financeur qui est déjà engagé avec vous. N’hésitez donc pas à contractualiser avec plusieurs banques, plutôt qu’une seule. Cela peut sauver la situation en cas de difficulté.

Enfin, même si cela peut sembler étrange, tout financement coûte de l’argent. Plus vous arrivez à faire jouer l’effet de levier, plus vous avez des chances de débloquer de manière conséquente les financements les moins chers (les subventions). Votre plan de financement sera ainsi plus solide et, au global, moins coûteux. 

Si vous souhaitez approfondir le sujet, n’hésitez pas à télécharger le guide sur la gestion de la love money ou le livre blanc sur le financement de l’amorçage, réalisé par WE DO GOOD en partenariat avec Estimeo.