Article écrit par Susana Nunes, co-fondatrice de notre partenaire WE DO GOOD

Dans le financement d’une start-up, ce n’est pas évident de se développer sans lever des fonds en cédant des parts de capital. Par contre, il est possible de structurer son plan de financement de façon à ne pas diluer le capital trop tôt. Retarder la dilution vous permettra de faire vos preuves en amont et d’ainsi obtenir une meilleure valorisation. Voici 3 astuces.

Trouver des solutions alternatives pour la gestion de la love money

Lorsque vous vous lancez, souvent la première étape est de mobiliser vos proches ou votre réseau professionnel pour financer votre projet. Lors de la mobilisation de la fameuse love money, beaucoup d’entrepreneur.e.s optent pour la cession de parts de capital ou par l’émission de BSA-Air, ce qui simplifie les choses mais n’évite pas la dilution.

Est-ce que vos proches ont vraiment vocation à avoir des parts de capital de votre entreprise ? Est-ce qu’ils vont vous apporter de la valeur dans la durée, des ressources et de l’expertise supplémentaire ? Céder des parts de capital implique de leur donner un droit de parole sur la suite de votre projet : sont-ils légitimes, juste parce qu’ils vous ont apporté quelques euros ? Toutes ces questions sont fondamentales.

Des solutions alternatives et non-dilutives aux BSA-Air existent, comme les levées de fonds en échange de royalties : plutôt que de leur céder des actions, vous vous engagez à céder un pourcentage du chiffre d’affaires futur de votre entreprise pendant une durée déterminée. Cela permet de les embarquer dans l’aventure de manière plus concrète, d’augmenter vos fonds propres, tout en gardant de la flexibilité : les remboursements dépendent entièrement du développement de votre activité. Vous pouvez faire un test afin d’évaluer l’engagement que cela peut représenter pour votre entreprise sur une plateforme comme WE DO GOOD. Sur ce sujet, vous pouvez aussi télécharger le guide sur la gestion de la love money.

 

Profiter au maximum de l’effet de levier

Une deuxième solution pour retarder une éventuelle ouverture du capital, ou ne pas en avoir besoin, est de bien enchaîner les sources de financement non-dilutif en profitant de l’effet de levier. 

La clé pour déclencher l’effet de levier est d’augmenter vos fonds propres. Très souvent, Bpifrance, Réseau Entreprendre ou les banques vont vous dire qu’elles sont obligées de faire 1:1 : pour 1€ de fonds propres, elles sont en mesure de vous accorder 1€. 

Si vous additionnez votre love money ou une levée de fonds en échange de royalties aux fonds que vous avez apportés à votre entreprise, vous obtenez donc le premier financement en fonds propres qui permet de débloquer des financement supplémentaires. Ensuite, ne tardez donc pas à aller voir Bpifrance, en parallèle des autres acteurs du financement de l’amorçage (Initiative, Wilco, Réseau Entreprendre, banques…). Cela vous permettra d’avoir un plan de financement plus solide et de lancer votre projet avec de la sérénité. 

Plus vous avez de financeurs qui vous suivent à cette étape, plus vous avez des leviers de financement activables plus tard. Il ne faut donc pas hésiter à mobiliser plusieurs banques : cela prend certes un peu plus de temps, mais avoir 2 ou 3 banques qui vous suivent dès l’amorçage peut sauver votre entreprise plus tard, lors d’un creux d’activité ou d’un besoin de BFR.

Sur ce sujet, n’hésitez pas à télécharger le livre blanc sur le financement de l’amorçage réalisé par Estimeo et WE DO GOOD.

 

Faire le pari d’une croissance organique

De plus en plus relayé en France, notamment par les acteurs de la Tech For Good, le mouvement des zèbres (par opposition aux licornes), prend de l’ampleur et valorise des modèles de financement alternatifs. “Le modèle du venture capital est pertinent pour une minuscule fraction d’entreprises. Nous ne pouvons pas nous laisser induire en erreur et penser que cela est le futur de l’entrepreneuriat”, précise Mara Zapeda, à l’origine du mouvement Zebras Unite.

Des start-up comme la nantaise Crisp prouvent qu’un autre modèle est possible. Entièrement autofinancée, la start-up n’a jamais eu recours aux levées de fonds pour se développer. Aujourd’hui, Crisp propose une des seules solutions françaises sur un marché très concurrentiel, dominé par des géants américains. Un peu comme David contre Goliath ! Quelle est la clé d’une telle réussite : une expertise en interne, du support externalisé, de l’agilité et de la capitalisation sur les retours utilisateur.